Visite de Gaby DESMENEZ et Philippe DOUCET

Gaby DESMENEZ : Je sens à DIAMBARS une philosophie à laquelle j’adhère…

Les mois de janvier et février 2007 ont vu l’institut Diambars être honoré par les visites d’éminentes personnalités du football dont Philippe Doucet “Mr la palette de Canal+” et de Gaby DESMENEZ. Si Philippe Doucet est passé le temps d’une courte visite, Gaby lui a séjourné à l’institut 1 bonne semaine, histoire de voir le travail qui s’y fait mais surtout d’échanger. Au terme de son séjour, il a bien voulu se prêter aux questions que nous lui avons posées. Entretien…

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1) Iba : dans un premier temps je vais vous demander de vous présenter.

Gaby : eh bien je m’appelle Gaby DESMENEZ, je suis né à Valenciennes il y a une cinquantaine d’années et j’ai eu peut-être la chance d’avoir un papa entraîneur de football. Très tôt, je me suis donc dirigé vers les activités du football. J’ai eu également la chance à l’époque de recevoir ma formation de jeune footballeur dans un club innovant à l’époque : l’US Valenciennes Anzin ; par la suite j’ai entamé une carrière de footballeur professionnel qui s’est terminée aux environs des années 1983 : Valenciennes (junior) ; stade de Reims ; Lille ; Sochaux ; Caen ; Angoulème ; Amiens D2. Par la suite je suis entré de façon assez normale, je dirais classique à l’époque, à savoir entraîneur joueur dans la carrière d’entraîneur. J’ai terminé récemment un parcours d’une dizaine d’année à l’OGC Nice où mon dernier poste a été directeur de la formation.

2) Iba : quelles sont vos impressions après une semaine passée à Diambars ? Gaby : vous avez bien fait de parler de la semaine, c’est vrai que c’est beaucoup de temps, mais peu aussi pour tout découvrir de cet institut ; j’avais eu quelques informations, puisque je m’étais renseigné avant mon départ de Nice, notamment à travers un article paru il y a quelques temps dans France Football. Je dirais assez impressionné par les installations, les structures, par rapport je dirais aux structures sénégalaises, me disant qu’elles se rapprochent bien évidemment de ce que nous pouvons trouver chez nous en France. Quant au fonctionnement, là aussi, il se rapproche énormément du fonctionnement, non pas je dirais du centre de formation du club, mais plutôt d’institution fédérale à savoir l’INF Clairefontaine et les centres fédéraux de préformation que nous trouvons un peu disséminés partout en France actuellement.

3) Iba : Comparé à ce qui se fait en Europe, plus précisément en France, quelle appréciation faites-vous du travail fait à Diambars. Y a-t-il une grosse différence?

Gaby : en ce qui concerne les appréciations, toujours pareil, difficile après quelques jours seulement passés ici d’être vraiment précis. Je considère toutefois que la formation qui est ici proposée aux jeunes footballeurs sénégalais et je ne parle que de la formation football se rapproche fortement de ce que nous proposons actuellement pour le jeune joueur français que je connais le mieux, de par le contenu du programme proposé, mais je pense aussi de par la formation de quelques éducateurs de l’institut, qui ont eu soit une formation en France, soit un parcours de footballeur en France.

4) Iba : Comment vous trouvez le niveau des joueurs de la formation, après avoir assisté samedi dernier à Dakar, aux matchs de l’équipe A et de l’équipe B ?

Gaby : on sent qu’il y a de la qualité, mais on ne peut pas être surpris, puisque le concours d’entrée a quand même permis de visualiser un nombre important de jeunes footballeurs sénégalais. A partir de là, inévitablement, il doit y avoir de la qualité, mais on ressent particulièrement le travail qui est proposé. J’ai pu personnellement constater un important transfert entre le travail réalisé dans la semaine et ce que les jeunes reproduisent dans des conditions je dirais de jeu assez bonnes. Je parle notamment de la surface du stade Demba Diop, mais dans un environnement difficile, parce que évoluant souvent contre des joueurs plus âgés

5) Iba : y a-t-il un ou des joueurs qui ont vraiment attiré votre attention ?

Gaby : oui, mais vous comprendrez, même si vous ne me posiez pas la question, je pense qu’elle était induite, je ne donnerais pas de nom bien évidemment. Je voudrais également dire que je suis déjà venu à deux reprises au Sénégal. Mais j’avais un oeil totalement différent, c’est-à-dire que je suis venu dans des écoles de football pour voir des joueurs et essayer de les faire venir dans les clubs où j’étais à l’époque le responsable de la formation. Je sens quand même au sein de l’institut Diambars, une philosophie tout à fait différente, j’ai adhéré totalement à cette philosophie et que c’est plus le joueur dans l’équipe que j’ai cherché à distinguer, plutôt que l’individu.

6) Ayant acquis assez d’expérience quel(s) conseils donneriez vous aux éducateurs sportifs de Diambars ?

Gaby : c’est pas forcément un conseil que je donnerais aujourd’hui, mais je leur demanderais s’il n’est pas défavorable de trop modifier l’univers habituel de vie, le contexte d’entraînement du jeune footballeur sénégalais, en lui proposant des structures, une formation, une culture un tout petit peu, qui n’est pas forcément la leur. Je leur demanderais de bien réfléchir à ça. J’espère m’être bien fait comprendre, on se rapproche vraiment de ce qui se fait en France, mais est ce que nous devons tout transférer de la France vers le Sénégal? Est-ce que vous devez faire travailler le jeune joueur Sénégalais en formation comme nous faisons travailler nos jeunes footballeurs français. C’est une réflexion que j’ai ; maintenant je comprends très bien et je pense que ce sera un élément favorable à la formation du jeune footballeur Sénégalais que de travailler sur de bonnes surfaces. Mais c’est beaucoup de choses changées en même temps. Il ne faudrait pas trop dénaturer le contexte global d’évolution habituel du jeune footballeur Sénégalais. C’est ce que je pense, j’en aurais la réflexion en rentrant, je vais continuer à y réfléchir. Cette question ils se la sont déjà posée et je garderai le contact avec les éducateurs de Diambars, pour que nous réfléchissions ensemble là-dessus, car il n’existe pas de réponse unique à cette question.

7) Iba : Dernière question, êtes-vous prêt à revenir ?

Gaby : Alors là, je sais que je vais revenir. Dans quel contexte je ne sais pas, aujourd’hui je suis sans contrat, il est évident que j’espère dès la saison 2007-2008 avoir un employeur. Je sais que je vais revenir. Est-ce que je reviendrai dans le cadre d’un club, ou est ce que je reviendrai dans le cadre d’un entraîneur qui cherche toujours à s’informer. Au départ, on m’a demandé de venir pour apporter, pour échanger mais plus pour apporter. Je peux vous dire qu’il y a eu ici un échange avec l’ensemble des éducateurs, mais le personnel également. Je dirais de la cuisinière au responsable de la sécurité, il est évident que j’ai énormément appris à partir de ce petit séjour à Saly.

Entretien réalisé par Iba Diagne

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